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On a beau se dire que “l’eau du robinet est hyper contrôlée”, 2026 commence avec un petit électrochoc : dernièrement nous avons entendu que l’eau potable contiendrait des PFAS.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et comment éviter de s’intoxiquer avec l’eau de notre robinet ? On décrypte.

1) PFAS : de quoi parle-t-on exactement ?

Les PFAS ne sont pas une substance unique : c’est une famille de milliers de molécules utilisées pour leurs propriétés anti-adhésives, déperlantes, résistantes à la chaleur ou aux graisses (textiles, mousses anti-incendie, industriels, emballages, etc.).

Une partie de l’exposition humaine passe par l’alimentation, mais l’eau potable est un sujet clé. Nous utilisons l’eau du robinet chaque jour, pour notre douche, faire cuire nos aliments… et certain d’entre nous pour la boire directement. Nous sommes donc en train de parler d’un scandale sanitaire majeur.

La date qui compte : le 12 janvier 2026

C’est écrit noir sur blanc dans la directive européenne sur l’eau potable (UE 2020/2184) : jusqu’au 12 janvier 2026, les fournisseurs n’étaient pas obligés de surveiller certains nouveaux paramètres, dont les PFAS. À partir de là, on change de régime : la surveillance devient obligatoire.

Concrètement, en France, on va parler surtout d’une valeur : 100 nanogrammes par litre (ng/L) pour la “somme de 20 PFAS” (soit 0,10 µg/L). Et en parallèle, il existe aussi un seuil européen “PFAS total” à 0,50 µg/L.

L’Anses a déjà pris de l’avance : 627 eaux du robinet testées

Pour éviter d’arriver les yeux fermés au 12 janvier, l’Anses a coordonné une campagne nationale (2023–2025) : eaux brutes (rivières, nappes…) + eau du robinet, avec des points choisis dans chaque département (gros débit, tirage au sort, points “à risque”). Au total, ça représente au moins 20 % de la population via les réseaux échantillonnés.

Le chiffre qui a fait le tour des rédactions : sur 627 échantillons d’eau du robinet, seulement 9 dépassent la future limite de 100 ng/L pour la somme des 20 PFAS. Sur le papier, c’est plutôt “rassurant”.

Mais il y a un “mais” énorme : le TFA est partout

Là où ça se complique, c’est que l’Anses a aussi cherché au-delà des 20 PFAS réglementaires. Et ses résultats confirment ce que plusieurs assos alertent depuis un moment : le TFA (acide trifluoroacétique), un PFAS ultracourt, est omniprésent.

TFA détecté dans 92 % des prélèvements, qu’ils soient d’eaux brutes ou d’eau distribuée.

Et ce n’est pas une trace symbolique : la valeur max mesurée dans la campagne est 25 000 ng/L.

Pourquoi le TFA met tout le monde d’accord… et pas d’accord

Parce que la bataille n’est pas “est-ce qu’on en trouve ?” (oui), mais avec quelle règle on juge.

  • Aujourd’hui, en France, l’Anses rappelle qu’une valeur sanitaire indicative utilisée pour le TFA est 60 000 ng/L : avec ce repère, même le pic à 25 000 ng/L reste “sous le plafond”.

  • Mais côté associations, l’argument est différent : le TFA est aussi un métabolite de certains pesticides, et pour les pesticides + métabolites “pertinents”, on parle classiquement d’un seuil de 100 ng/L. Avec cette lecture, une grosse partie des résultats deviennent tout de suite beaucoup moins confortables.

En clair : le même niveau de TFA peut être jugé “OK” ou “problématique” selon la référence. Et c’est exactement ce qui explique le ton électrique des débats depuis fin 2025.

“OK, mais ça devient quoi en France côté contrôle ?”

Début janvier 2026, un point important est tombé côté pouvoirs publics : un décret prévoit d’aller plus loin que l’Europe, en annonçant que deux substances supplémentaires – le TFA et le 6:2 FTSA – seraient à rechercher à partir de janvier 2027 (en plus des 20 PFAS obligatoires dès janvier 2026).

Donc : 2026 = on démarre avec les “20 PFAS”, 2027 = on élargit encore, au moins sur ces deux-là.

Et les pesticides dans tout ça ? Le vrai sujet, ce sont les métabolites

Quand on parle “pesticides dans l’eau du robinet”, on pense souvent à la molécule d’origine. Sauf que, très souvent, ce qui reste dans les ressources et parfois dans l’eau distribuée, ce sont les produits de dégradation : les métabolites.

Et c’est là que ça devient très politique (et très technique), parce que :

  • certains métabolites sont jugés “pertinents” (donc à encadrer fortement),

  • d’autres “non pertinents” (encadrement différent),

  • et les listes / méthodes / rythmes de surveillance peuvent évoluer.

Le TFA est justement au croisement : PFAS d’un côté, métabolite de pesticides de l’autre. Résultat : il force l’État, les agences et les opérateurs à clarifier qui mesure quoi, à partir de quand, et avec quelle valeur sanitaire.

Ce que ça raconte, en une phrase

En janvier 2026, la France arrive à un moment charnière :

  • les PFAS deviennent officiellement un paramètre obligatoire de surveillance de l’eau du robinet au niveau européen,

  • les premiers grands chiffres nationaux existent déjà (campagne Anses),

  • et la vraie bataille se déplace sur les PFAS “hors radar” (comme le TFA) et sur la cohérence des seuils, surtout quand un contaminant est aussi lié aux pesticides.

Quelles solutions ?

Déjà, deux idées simples avant de parler filtres :

  1. Vérifier la qualité de ton eau (commune / réseau) : selon la ressource (nappe, rivière) et les activités autour (agri/industrie), on ne part pas du tout du même niveau.

  2. Comprendre que tous les filtres ne filtrent pas tout. Et sur le TFA, c’est justement là que ça se joue : c’est une molécule très petite, très mobile, et les traitements “classiques” ont du mal.

Les filtres “efficaces” à la maison (sans raconter n’importe quoi)

1) Osmose inverse (RO) – le plus efficace sur PFAS, et probablement le meilleur pari sur le TFA

  • Pour les PFAS en général, RO est régulièrement cité comme une des technos les plus performantes (avec nanofiltration selon les membranes).

  • Sur le TFA, la littérature scientifique indique qu’il peut être complètement retenu par osmose inverse (dans certains contextes), alors que d’autres techniques sont inadaptées.

    ➡️ Recommandation “pratique” : un système RO sous évier (idéalement avec une préfiltration sédiments + charbon actif) + entretien régulier.
    ⚠️ Points à connaître : ça rejette de l’eau (eau de rinçage), ça demande maintenance, et ça peut retirer une partie des minéraux (rien de dramatique si alimentation équilibrée).

2) Charbon actif (carafe / filtre sur robinet / sous évier) – utile sur beaucoup de pesticides et certains PFAS… mais pas une solution solide pour le TFA

  • Sur le TFA, une revue très citée conclut que l’ozonation et la filtration au charbon actif granulaire ne sont pas appropriées pour le retirer.
    ➡️ Donc : oui pour réduire un paquet de composés organiques (goût/odeur, certains pesticides, une partie de PFAS selon chaînes et conditions), mais si ton sujet numéro 1 c’est TFA, ne mise pas tout dessus.

3) Résines échangeuses d’ions – possible mais plutôt “partiel” sur le TFA

  • La même littérature indique que le TFA est partiellement retiré par échange d’ions, mais que RO est plus “radical”.
    ➡️ En domestique, c’est plus rare/technique. Intéressant en complément ou sur installation dédiée, mais pour une “solution grand public”, RO reste le plus clair.

Et les “filtres miracle anti-PFAS” ?
Si ce n’est pas un RO ou un système avec perf mesurée/certifiée (et protocole), méfiance : beaucoup de promesses marketing ne sont pas alignées avec la réalité… surtout pour les molécules ultracourtes comme le TFA.

Est-ce que les filtres peuvent filtrer le TFA ?

  • Oui, l’osmose inverse est la technologie la plus crédible pour ça (données scientifiques à l’appui).

  • Le charbon actif “classique” : plutôt non (ou en tout cas pas fiable / pas adapté comme solution principale).

  • Échange d’ions : partiel.

Et l’eau en bouteille “sans microplastiques” ?

Je préfère être hyper nette : il n’existe pas, à ma connaissance, de liste sérieuse et universelle “sans microplastiques” par marque, parce que :

  • la contamination dépend des lots, des bouchons, du transport, du stockage (chaleur), etc.

  • et même les emballages “alternatifs” (verre) ne garantissent pas zéro microplastique : l’Anses a montré que les boissons en bouteille de verre peuvent contenir plus de microplastiques, notamment à cause des capsules/caps.

Donc, promettre une liste “sans microplastique” serait malhonnête.

Mais il existe tout des eaux moins contaminées et plus sûres.

1) Des options “moins exposées au plastique” (logique prudence)

  • Eaux en bouteille de verre : moins de contact avec PET, mais pas zéro microplastiques (capsule).

  • Si bouteille plastique : choisir des marques/lots réputés + éviter stockage au chaud, voiture, soleil, réutilisation.

2) Une liste “marques citées comme moins affectées” dans une étude grand public.
Un article (février 2025) relayant un travail d’association/consommateurs cite Volvic, Montclar, Badoit, Evian comme “moins affectées” par la contamination plastique dans leur classement.
⚠️ À manier comme piste et pas comme vérité absolue (les niveaux varient selon lots et méthodes).

3) La recommandation la plus cohérente si tu veux “moins de risques + moins de déchets”

  • Eau du robinet + osmose inverse (si tu veux agir sur PFAS/TFA) dans une carafe en verre / gourde inox.
    Ça évite de miser sur “la bouteille parfaite” (qui n’existe pas) et ça réduit la dépendance au plastique.

Cet article vous a plu ? Allez plus loin en lisant notre article « Jeûne intermittent : pour qui, quand… et pourquoi ça peut aussi être une mauvaise idée« 

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